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CNE l'insécurité juridique .
Le Contrat nouvelles embauches fait beaucoup de bruit et occupe régulièrement les Conseils de Prud’hommes. Ce contrat a été institué par l’ordonnance n°2005-893 du 2 août 2005. Il devait faciliter les embauches de salariés pour les petites PME en assouplissant les règles de rupture du contrat. Une période dite de consolidation et non une période d’essai est prévue. Durant 2 ans ce contrat peut être rompu par l’employeur sans motif. Dès son entrée en vigueur, les syndicats de salariés se sont émus de ce que ce contrat ne respectait pas la convention n° 158 de l’OIT et plus particulièrement les dispositions relatives à l’obligation de motivation d’un licenciement… Les juridictions prud’homales ont été saisies très vite et la décision du Conseil de Prud’hommes de Lonjumeau du 28 avril 2006 est importante en la matière. Ce dernier a considéré que le contrat nouvelles embauches est contraire à la convention n° 158 de l'OIT qui impose l'existence d'une procédure contradictoire préalable au licenciement, d'un motif valable de licenciement et d'un recours effectif devant les juridictions pour contrôler l'existence de ce motif valable. Cette décision a été confirmée par la Cour d’appel de Paris,18ème Chambre, le 6 juillet 2007 Dans un arrêt motivé (7 pages), la Cour d’appel analyse la conventionalité du contrat nouvelles embauches en indiquant en conclusion : « Considérant qu’il ressort de l’examen comparé des dispositions de la convention de n°158 de l’OIT avec le texte de l’ordonnance du 2 août 2005 que ce dernier ne satisfait pas à l’exigence de conventionalité qu’il devait respecter à l’égard d’une norme supérieure. » Cet arrêt vient après un jugement du Conseil de Prud’hommes de ROUBAIX du 25 Par ce jugement, le Conseil de Prud’hommes avait considéré que le CNE était conforme à la convention n°158 de l’OIT en estimant que l’ordonnance du 2 août 2005 constitue une dérogation aux dispositions de la convention 158 de l’OIT notamment pour les article 4 et 7 permise par l’article 2.5 (pour certains salariés eu égard à la taille de l’entreprise). Conclusion : l’insécurité juridique est complète, il faut espérer que la Cour de Cassation statue bientôt sur la question. Car les juridictions n’en finissent pas d’être saisie de la question… Une clarification serait la bienvenue ! Article publié dans Sud Ouest le 14 juin 2007 PRUD'HOMMES. -- Deux salariés recrutés en contrat nouvelle embauche saisissent le conseil pour licenciement abusif Haro sur le CNE Les litiges liés au Contrat nouvelle embauche constituent désormais le pain quotidien des juridictions prud'hommales, qu'il s'agisse d'en qualifier la réalité (est-ce vraiment une nouvelle embauche ?) ou d'en apprécier la rupture quand rupture il y a au cours des deux années que dure la période d'« essai » ou plutôt de « consolidation ». La jurisprudence fluctue encore, le CNE n'ayant que deux ans d'existence. Mutation. A Bordeaux, le conseil de prud'hommes (section commerce) a mis sa décision en délibéré au 18 septembre dans les deux dossiers qu'il a examinés mardi après-midi. Deux dossiers très différents.
Remplacement. Le second dossier a pour cadre un restaurant du quartier Fondaudège à Bordeaux. Dans ce modeste établissement ouvert uniquement le midi (le plat du jour est à 8 euros), la patronne est aux fourneaux et le personnel permanent (et à temps partiel) se résume à une ou deux personnes. Maryse y a été recrutée en CNE en mars 2006 comme aide-cuisine. Son contrat a été rompu à la mi-septembre. « Mon client s'est fait rouler. Mme E. savait parfaitement qu'elle était en CNE. »
La CGT se réjouit de la décision du tribunal des prud'hommes de Longjumeau qui lui donne raison : "Il confirme que nous avions raison de dire que le CNE était contraire aux normes internationales et démontre que, contrairement à ce qu'avait avancé le gouvernement, ce contrat n'apportera aucune sécurité juridique aux employeurs", a déclaré Philippe Masson, chargé des affaires juridiques, lors de la clotûre du 48e congrès, vendredi 28 avril, à Lille. Le Conseil était saisi du cas de Linda de Wee, embauchée en contrat à durée déterminée (CDD) le 1er juillet 2005, en tant que secrétaire par Me Philippe Samzun, mandataire judiciaire à Versailles. A la fin de son CDD de six mois, elle a été embauchée par Me Samzun en contrat nouvelle embauche, le 1er janvier 2006, pour les mêmes fonctions et la même rémunération, puis licenciée par lettre recommandée au bout d'un mois. Le tribunal a été plus loin que le simple cas de Mme de Wee et a estimé que l'ordonnance du 2 août 2005 créant le CNE est "contraire" à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la France, et est donc "non valable" et "privée d'effet juridique". Cette convention prévoit qu'un salarié ne peut être licencié "sans qu'il existe un motif valable de licenciement" et "avant qu'on lui ait offert la possibilité de se défendre". Or, le CNE exonère l'employeur de l'obligation d'effectuer un entretien préalable au licenciement et de motiver la lettre de licenciement, rappelle le tribunal. DURÉE DE DEUX ANS "DÉRAISONNABLE" |
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